Un détour par la collection de bijoux
du Musée des Arts Décoratifs à Paris

Dans la série des « bijoux d’exception », une petite escapade à Paris pour aller voir et revoir la collection de bijoux du Musée des Arts Décos.

Cette collection est juste sublime…

On y retrouve l’histoire de l’évolution du bijou, du Moyen-âge à nos jours avec pas moins de 2200 pièces.

Les premiers bijoux du début de l’exposition, donc du Moyen-âge, font paraître un travail important du métal, surtout l’argent, auquel été ajouté de l’émail.

Peu à peu, les pierres apparaissent ainsi que les perles, notamment les perles baroques, mais restent assez discrètes. On trouvera alors majoritairement du grenat et du cristal de roche, mais également du verre de couleur. Ce sont réellement des bijoux d’orfèvre.

Les bijoux du Moyen-âge sont travaillés avec des motifs religieux…

Pendentif, Espagne, XVIIe siècle – Or, cristal, peinture sous verre – © Les Arts Décoratifs / Laurent Sully Jaulmes

Les premiers bijoux présentés sont « plein », les pierres sont posées puis serties sur le métal. Il faudra attendre la Renaissance pour voir les premiers bijoux ajourés, donc laissant passer la lumière et donnant ainsi plus d’éclat et de brillance aux pierres. Avec la renaissance, également, apparaissent de nouvelles matières telles que l’opale par exemple. Le travail de l’émail reste très important, tout comme le travail d’orfèvrerie. Parmi ces nouvelles matières, on trouve également le cheveu ! Il y a par exemple en exposition, une broche faite en or, nacre et comportant en médaillon un tressage, façon tissage, en cheveux. La petite histoire raconte que la femme se faisant faire un bijou comme ça, le faisait avec les cheveux de l’être aimé pour l’avoir ainsi toujours près du cœur.

Broche orfèvre, attribué à François-Désiré Froment-Meurice, 1845, France – don manuel J. (Mlle) Magnin – 1928
©photo Les Arts Décoratifs -Tous droits réservés

De tout temps, des bijoux ont été fabriqués et portés. De plus, à cette époque, les pierres précieuses ou fines étaient peu ou mal connues et la taille était encore peu répandue. La taille cabochon est la plus ancienne et la plus simple à réaliser. Peu à peu, l’on a pu voir les premières pierres, taillées en cabochon, la taille la plus ancienne notamment pour les pierres de couleur. Les premiers diamants font leur apparition avec la taille « rose » et la taille « brillant » mais seulement au 19ème.

L’invention est la création des premières pierres de synthèses avec du verre au plomb sertis sur paillon en métal pour leur donner plus d’éclat a bien démocratisé le bijou qui jusqu’alors était réservé, tout d’abord au clergé puis à une société fortunée, les pierres précieuses, rubis, saphirs,
émeraude étant chers et longues à tailler. Maintenant, tout le monde peut s’offrir un bijou, même s’il ne contient que des pierres de substitution.

Avec le temps, donc, les pierres ont fait leur apparition dans le bijou, avec au 19ème l’apparition de parures, soit : bracelets (souvent par deux pour en mettre un à chaque bras), boucles d’oreilles, broches, voire même boucle de ceinture, la mode étant aux tailles hautes. Ces bijoux se sont allégés, en effet car est alors apparu les bijoux à jour, permettant une plus grande brillance et un meilleur éclat de la pierre.

Ornement de corsage, 1900 – Gustave Roger SANDOZ – Argent et verre – © Les Arts Décoratifs / Laurent Sully Jaulmes

Le temps passant, nous arrivons vers la fin de l’exposition avec des bijoux de la période dite « moderne » qui sont très épurés tel ce pendentif en argent et quartz rutile.

Body Sculpture, vers 1951-1958 – Viviana TORUN, – Argent, quartz – © Les Arts Décoratifs / Laurent Sully Jaulmes

Je n’ai pas eu le courage d’en voir plus, mais j’avais déjà des pierres plein les yeux après 2h de visite. C’est une exposition que j’irai revoir avec plaisir, peut-être en commençant par la deuxième galerie que j’ai traversée en courant d’air. Cette deuxième galerie est beaucoup plus actuelle avec des collections d’œuvres récentes et plus ou moins extravagantes. On sent sur la fin une véritable libération ou débridage de la création.

Pour vous donner un aperçu de cette collection permanente au Musée des Arts Décoratifs de Paris, voici l’adresse du site d’où j’ai extrait les photos.

http://www.lesartsdecoratifs.fr/francais/arts-decoratifs/collections-26/parcours-27/thematique/galerie-des-bijoux/

Je n’aurai qu’un seul reproche, le manque d’éclairage et certains bijoux notamment ceux en émail ne sont pas toujours bien visibles et c’est grand dommage.

Bonne visite !!

* * *


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2 Responses to Des bijoux d’exception au Musée des Arts Décos à Paris

  1. jijire dit :

    Bonjour Collègue
    Vous avez raison, mille fois raison, cette vitrine de bijoux est ratée, ces merveilles sont mal présentées, si on mesure 1m63 (tassé a 70 ans) les bijoux du haut…..et les bijoux du bas on les voit mal aussi, plus l éclairage insuffisant.
    Mais ne cherchez pas à comprendre, vous faites partie du vulgum pécus, donc vous ne pouvez comprendre, les conservateurs connaissent mieux les bijoux que les joailliers, et puis il y a les mécènes qui ont besoin de déduire des sommes de leurs impots, je connais aussi des conservateurs qui font breveter les modeles de vitrines qu’ils ont fait réaliser, etc etc De plus si vous critiquez ce système, vous serez mal vue surtout au musée des arts décos qui est de loin celui qui profite le plus du mécénat.
    Pour moi le mécène doit proposer d’aider, il doit choisir ce qu’on lui propose , mais cela doit s’arreter là. Quand on voit dans la prochaine exposition qu’on arrive a faire dire par le conservateur qu’Esther Van Cleef s’appelait Estelle, alors là cela dépasse l entendement et la vérité historique.
    Mais il ne manquerait plus que la vulgate donne son avis….fermez le ban.

    • Gemmavie dit :

      Il est préférable de prévoir une lampe torche, autre que celle du téléphone. Les collections d’objets anciens, ou soit-disant, sont souvent mis dans le noir et mal éclairés. Il paraît que nos lumiéres modernes pourraient les abîmer ou les ternir….

      Il me tarde de voir celle sur Van Cleef en septembre.

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